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Ahmed el Wafi |
La musique tunisienne s’insère par ses caractères dans la mouvance des musiques dites « orientales ». C'est une synthèse entre le fonds culturel propre du pays et des apports exogènes principalement andalous et orientaux. A la croisée entre l’Orient et l’Occident, la Méditerranée et l’Afrique, la Tunisie a toujours été dans le domaine musical un pays de brassages, de diffusion et de rayonnement. La musique tunisienne se caractérise par la variété de ses modes et par ses rythmes spécifiques qui se distinguent nettement de ceux d’autres pays culturellement proches. Des formes musicales dont la Nouba, le Mouwachah, le zajal et le foundou constituent l’essentiel du patrimoine musical tunisien connu sous le nom de Malouf. Principales tendances musicales au XXème siècle: Au début du dernier siècle, l’activité musicale était dominée par l’interprétation du «Malouf el Jidd»: répertoire liturgique lié aux différentes confréries religieuses répandues dans le pays et du «Malouf el‘Asl»: répertoire profane constitué de pièces instrumentales et de chants dans des formes et styles d’origine essentiellement andalouse empruntes des caractéristiques du langage musical local. A coté de ces deux genres majeurs, les chansons populaires citadines ou rurales, différentes les unes des autres par le langage et les instruments utilisés, occupaient une place importante. Dans ce contexte, cheikh Ahmed el wafi (1850-1921) peut être considéré parmi les pionniers du renouveau de la musique tunisienne. Ses compositions dans les formes traditionnelles offraient une véritable synthèse de courants musicaux tunisiens et orientaux. |
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Habiba Msika
Chefia Rochdi |
L’influence orientale sur la musique tunisienne à l’époque résultait des fréquents séjours de troupes venues essentiellement d’Egypte de Syrie ou du Liban, qui avaient contribué à répandre en Tunisie des mouwachah, dawr et autres formes de musique traditionnelle et populaire originaires du Proche Orient. Le vide laissé par la mort de Cheikh el Wafi a placé la musique tunisienne au cours des années trente dans une relative léthargie alors que la chanson judéo- arabe connaissait dans le pays une certaine floraison grâce à des artistes issus de la communauté juive dont les frères Bardaâ, Mounir Jébali, Cheikh el Ifrit (1884-1939) et Habiba Msika (1893-1930)… La fondation en 1934 de l’association musicale la Rachidiya s’inscrivait dans le renouveau culturel et social mené par l'élite tunisienne de l'époque, consciente sous la colonisation, des risques de dénaturation ou de déperdition du patrimoine musical tunisien considéré parmi les fondement de l’identité nationale. La création de la Rachidiya allait aussi dans le sens des recommandations du Premier Congrès de Musique Arabe organisé en 1932 au Caire et qui incita les pays arabes à collecter et à préserver leur patrimoines musicaux nationaux. La Rachidiya n’a pas tardé à rassembler une élite de musiciens et de poètes érudits . Talents et charisme se conjuguérent tout au long de la première moitié du siècle dernier pour produire des œuvres originales restées de nos jours encore gravées dans la mémoire collective des tunisiens: Khemayes Ternane et Mohamed Triki qui furent les principaux maîtres du renouveau musical entamé au sein de la Rachidiya mettaient en chanson les poèmes de Mohamed Larbi Kabadi , Jalaleddine Naqache, M’hamed Marzougui, Tahar Qassar, Mahmoud Bourguiba et Ahmed Khaireddine. |
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Fethia Khairi
Saliha
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Saliha (1914-1958) avec sa voix suave et son interprétation raffinée fut au niveau de la chanson une grande révélation de la Rachidiya. La création de la Radio Tunisienne en 1938 permit aux musiciens de mieux diffuser leurs œuvres. Les noms les plus représentatifs de cette époque sont ceux de: Sayed Chatta (1897-1985), compositeur d’origine égyptienne qui a mis son talent et sa sensibilité orientale au service des vedettes de l’époque, dont notamment les grandes figures du milieu du siècle: Féthia Khaïri et Hassiba Rochdi. Mohamed Triki, Hédi Jouini Mohamed Jammoussi, Sadok Thraya et Ali Riahi ont donné une impulsion nouvelle à la vie musicale avec des qasid et des chansons inspirés de la musique traditionnelle tunisienne, orientale ou encore aux couleurs occidentalisantes. Dans les années soixante et soixante dix, on assiste à l’émergence de compositeurs et d' interprètes talentueux, travaillant pour la plupart au sein de l’orchestre de la Radio Télévision Tunisienne. Dans cette vague, la chanson légère ( de variété) a occupé une place de choix. Ridha Qalaï, Salah el Mahdi (considéré comme le disciple de Khemayyes Ternane), Kaddour srarfi, Ouannés Krayem , Ali Chalgham , Chédly Anouar, Abdelhamid Sassi, , Mohamed Ridha et d'autres ont contribué à hisser plusieurs chanteurs et chanteuses, parmi lesquels Hédi Qallal, Hédi Moqrani, Oulaya, Naâma, Zouhaïra Salem, Soulef, Safia Chémia, Youssef Témimi, Mustapha Charfi, Hana Rached, Choubeila Rached, Safoua, Mohamed Ahmed, Ezzeddine Idir et bien d’autres… Tahar Gharsa (autre disciple de Ternane) et Khemayyes Hanafi ont oeuvré à mettre en valeur pour leur part les spécificités modales et rythmiques de la musique traditionnelle. Le répertoire de Raoul Jornou s’inscrit dans la même lignée. Ce chanteur judéo tunisien s’est distingué par son interprétation des « taâlila » (chansons traditionnelles relatives à la naissance, circoncision, au mariage et autres rites). |
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Ali Riahi |
En même temps, La chanson empruntant des mélodies et rythmes populaires a connu notamment avec Ahmed Hamza et plus tard Kacem Kéfi une ascension remarquable. Originaires de Sfax, ils ont tous les deux emboîté le pas à Mohamed Boudaya et Mohamed Ennouri,maîtres incontestés de la musique populaire dans la métropole du sud. A partir des années quatre vingt, la scène musicale voit émerger une génération de musiciens, compositeurs et interprètes de formation musicale arabe et occidentale qui considèrent que la musique tunisienne a besoin de nouvelles techniques d’écriture. Leur approche repose sur l’écriture harmonique et contrapunctique ainsi que sur l’orchestration où la variété des timbres instrumentaux constitue un élément essentiel. Les premières expérience dans ce domaine remontent aux années 60 avec Mohamed Saâda suivi une décade plus tard par les fondateurs de l’Orchestre 71 et l’Orchestre de la Ville de Tunis. Cette tendance « modernisante » est toujours adoptée par quelques compositeurs tels que Ahmed Achour, Mohamed Garfi, Ouanès Khligène, Kamel Ferjani… |
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Dans le même temps, la musique de variété, où la chanson est reine, continue d’attirer les artistes et les agents culturels (maisons d’édition, mass media, organisateurs de spectacles…).La période s’étendant du début des années 80 jusqu’à nos jours a été riche en chansons à grand succès grâce à plusieurs compositeurs et d’interprètes de talent et l'on peut considérer que la création en 1983 de la Troupe Nationale de Musique a donné une impulsion significative à la création musicale. On note parmi la grande liste de compositeurs Ezzeddine Ayachi, Adnane Chaouachi, Hamadi Ben Othmane Féthi Zghonda, Abdelkrim S’habou, Mohamed Majri, Abderrahmane Ayadi, Mohamed Salah Harakati, Naceur Sammoud, Mohamed Driss, Mohamed Allam, Abdelhakim Belgaïd, Rachid Yedes, Samir Agrébi, Sélim Dammak, Lotfi Bouchnak Parmi les les les interprètes les plus représentatifs: Latifa Arfaoui, Lotfi Bouchnaq , Amina Fakhet, Dhikra Mohamed, Soufia Sadok, Sonia M’barek, Sabeur Rbaï, , Slah Mosbah, Noureddine Béji, Chokri Bouzayane, Chedly Hajji, Nawal Ghacham… Plusieurs autres artistes interprètes continuent d’enrichir le répertoire national tels que: Monia Béjaoui, Thameur Abdeljaouad, Abdelwahab Hannachi, Zine el Haddad, NabihaKaraouli, Moncef Abla, Hocine el Ifrit, Chokri Omar Hannachi, Mohamed Jebali, Jamal Chabbi, fayçal Riahi, Karim Chouâïb, Zied Gharsa, Alya Belaïd, Mounira Hamdi, Hédia Jouira, Ibtissem Rebaï … Sur un autre plan, de nombreux artistes ont brillé en tant qu’instrumentistes solistes tels que : Ali Sriti, Salah el Mahdi, Ahmed Kalaï, Mohamed Saâda, Slah el Manaâ, Anouar Braham, Mohamed Zinelabidine, Mourad sakli ou Fawzi Chékili… La chanson populaire dans ses formes et expressions, citadines ou bédouine semble gagner quant à elle, dans le sillage d'Ismail El Hattab, un regain d'intérêt significatif auprès du public des différents milieux et catégories sociales. |